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Les retours d'expérience : richesse ou pensum ?

publié le 22 oct. 2014 à 09:58 par Armelle balaschanel   [ mis à jour : 23 oct. 2014 à 00:10 ]
Un échange avec des formateurs, ce matin, me donne envie de vous parler du traditionnel retour d'expérience.
Les formateurs en question, comme beaucoup d'autres, regrettaient la pauvreté des retours d'expérience des personnes parties sur le terrain et la difficulté à "faire parler".
Est-ce du fait des personnes peu dissertes ou du fait de l'accompagnement ? Peut-être les deux. Mais probablement, ces mêmes stagiaires, revenus dans leurs familles,  répondront facilement et copieusement à la question "Alors , .... Raconte !"

Comment favoriser la verbalisation des stagiaires, en retour d'expériences sur le terrain ?

Plusieurs axes vont guider notre réflexion :
- Quel type de contenus attendent les animateurs, dans ces retours d'expérience ?
- Comment guident-ils ces verbalisations ?

Quel type de verbalisation les animateurs attendent-ils ? Souhaitent-ils entendre des appréciations sur le lieu de stage, l'expression de sentiments, d'émotions, d'impressions ? Attendent-ils des anecdotes ? Ou espèrent-ils plutôt la liste des observations que les stagiaires ont pu faire ? Ou encore, voudraient-ils savoir ce que les stagiaires ont fait, comment ils ont appliqué les théories apprises à l'école, à quelles situations ils se sont retrouvés confrontés et comment ils s'en sont sortis (non pas comment en termes de "bien" ou "mal", mais en termes de "comment, concrètement ils s'y sont pris" !

La manière de guider ces retours d'expérience va fortement influencer les prises de paroles.
Outre la mise en sécurité, en rassurant sur les enjeux de cette mise en commun et en soulignant les bénéfices que chaque participant pourra en tirer, devraient favoriser les prises de paroles.
Indiquer par ailleurs en préambule le type de verbalisation attendue, peut favoriser une expression plus prolixe que d'habitude.
Mais la manière de questionner va aussi influencer la verbalisation. Si vous repensez à votre journée de travail, par exemple, j'imagine que la question "Qu'est-ce vous a marqué, dans votre journée ?" ne va pas vous orienter vers le même moment ni vers les mêmes contenus descriptifs que la question "Qu'est-ce qui vous a interrogé et vous a demander de faire appel à des connaissances techniques ?" ou encore "Qu'avez-vous appris de nouveau aujourd'hui, sur votre métier".
Comme le signale Pierre Vermersch, les questions sont un moyen de tourner l'attention de la personne questionnée vers un champ attentionnel déterminé. "Alors, ce stage ?" ne vise rien de particulier, hormis le stage. Et selon les questions que vous poserez, vous obtiendrez, des commentaires (c'était bien, j'ai été nul, l'équipe était sympa ou antipathique), des descriptions sans grand intérêt (mon bureau est très lumineux, ma voisine était jolie, je travaillais 7 heures par jour, ...) ou la description de l'activité concrète (j'ai fait une recherche sur internet, pour documenter le dossier Machin).

Pour en savoir plus, rendez-vous sur ce site, à l'onglet "productions théoriques" ou sur www.grex2.com (écrits divers et variés sur l'explicitation, ou encore, reportez vous au livre "La Pratique Réflexive : un outil de développement des compétences infirmières", Armelle Balas-Chanel, Elsevier Masson (2013), vous y trouverez des outils facilitateurs pour encourager la verbalisation des personnes que vous accompagnez dans leurs apprentissages, notamment par la pratique réflexive.

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